427- Capitalisme : depuis qu'il existe, c'est la loi du plus fort

...décider ce qu'il fait. Ce qui change sous nos yeux, ce n'est pas ce que font les Etats-Unis : ils utilisent la force, la violence. Ils l'ont toujours fait. Guerre du Vietnam 1955-1975, Guerre du Golfe 1991, Guerre d'Afghanistan 2001-2021, Guerre d'Irak 2003-2011. Et beaucoup d'autres encore, moins connues...

            L'année 2026 a commencé avec l'enlèvement par l'armée américaine du président du Venezuela, puis des menaces sur le Groenland, puis sur l'Iran. L'année 2025 a vu une vraie guerre économique lancée par les Etats-Unis, à coups de droits de douane, pour rendre plus chers les produits vendus par les autres.

            Trump est-il fou ? Où va le monde ? Pourquoi tant de dirigeants semblent perdus, affolés ? Les Etats-Unis sont-ils un allié ou un ennemi ? 

            Non, Trump n'est pas fou. Et il n'est pas seul à décider ce qu'il fait. Ce qui change sous nos yeux, ce n'est pas ce que font les Etats-Unis : ils utilisent la force, la violence. Ils l'ont toujours fait. Guerre du Vietnam 1955-1975, Guerre du Golfe 1991, Guerre d'Afghanistan 2001-2021, Guerre d'Irak 2003-2011. Et beaucoup d'autres encore, moins connues. 

            Non, les relations entre pays ne sont pas civilisées. Non, elles n'obéissent pas à de belles lois. Les Etats-Unis ont été les grands gagnants de la Deuxième Guerre mondiale. Devenus les plus forts, ils ont obligé le monde entier -sauf l'URSS- à obéir à leurs lois, leur monnaie, leur culture. Aujourd'hui encore, l'ONU, qui regroupe tous les pays, est commandée par ceux qui ont gagné cette guerre : Etats-Unis bien sûr, Russie, Chine, France, Angleterre. L'Inde, le pays le plus peuplé du monde, n'a pas ce droit.

            Les Etats-Unis ont obligé les perdants de la guerre, l'Allemagne, le Japon, à leur obéir. Ils ont aussi obligé leurs alliés, France, Angleterre, à baisser la tête. Ce n'est que vingt ans après la guerre, que le général de Gaulle a pu faire repartir de France les soldats américains. Il y en a encore dans 8 pays d'Europe.

            Une seule chose change avec Trump : ce sont les mots et les sourires. Trump fait la grimace quand il parle de l'Europe, parce que c'est un concurrent économique pour lui. Il ne cache pas qu'il défend les intérêts américains, contre tous les autres. 

            Avant lui, les grands dirigeants capitalistes se mettaient d'accord pour cacher un peu les intérêts égoïstes, et prétendaient défendre de belles valeurs, de grandes valeurs : la démocratie, les droits de l'homme. Mais ils n'ont jamais cessé d'être violents.

Dans les années 1800 et 1900, les colonisations par la France et les autres pays d'Europe ont fait 100 millions de morts. Puis deux guerres mondiales, pour se partager le monde, en feront encore 100 millions. 

            Un pays, l'URSS, a voulu construire une autre manière de vivre que ce capitalisme et sa concurrence. Tous les autres se sont alors mis d'accord pour lui faire la guerre. Ils vont réussir à pourrir complètement cette tentative. Après quoi ils vont accuser le communisme, même s'il n'a jamais pu exister, d'avoir fait 100 millions de morts. 

            La paix revenue après la 2ème Guerre mondiale, la France a soutenu des dictatures en Afrique, les Etats-Unis en a mis en place en Amérique du Sud. Le capitalisme a créé des inégalités toujours plus graves, des famines, des conflits meurtriers : tout cela a coûté au bas mot 60 millions de morts. Voilà leur paix.

            Le capitalisme a toujours été d'une violence terrible. Il a inventé des méthodes très efficaces pour faire la guerre. Surtout, la guerre est dans sa nature même. Cela commence par la guerre économique : chaque capitaliste qui monte une affaire a intérêt à battre ses concurrents, à avaler les plus petits, les plus faibles, pour ne pas être avalé lui-même. Cette concurrence est permanente. Et c'est elle qui peut finir par accoucher, à un moment, d'une guerre tout court.

            Pourquoi Trump et les grands chefs américains n'essaient pas de cacher cette violence ? Parce qu'ils réalisent qu'ils ont un jeune et grand concurrent, la Chine, qui les affole. Sur leur propre continent, les Amériques, le commerce de la Chine est passé, en 20 ans, de 15 milliards de dollars à 500 milliards. Les Etats-Unis n'ont plus les moyens de commander aux quatre coins du monde. Ni pour mettre un bel emballage à ce qu'ils font pour leurs intérêts. 

            Alors, oui, comme le disait un vrai socialiste, Jean Jaurès, avant la Première Guerre mondiale : "Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage" (1895). 

            Trump ne prend plus la peine de cacher que le danger de guerre, c'est le capitalisme seul, c'est le capitalisme lui-même. Contre ce danger, il n'y a qu'une solution : que les populations refusent l'idée de faire la guerre, refusent les idées nationalistes. Qu'elles renforcent au contraire des idées d'entraide, d'amitié, de fraternité entre les peuples.     

            Pour le capitalisme, seule compte la loi du plus fort. Eh bien nous, notre force, ce sera notre nombre.

 

© L'Ouvrier 2026
ON PEUT PHOTOCOPIER, FAIRE CONNAITRE, DIFFUSER L’OUVRIER
(boîtes à lettres, marchés, affichages dans les cités...)