373- Inflation : elle ne tombe pas du ciel

           ... L’inflation ! Avec un mot comme ça, on n’imagine même pas qu’on puisse chercher à comprendre ce qui se passe. L’inflation, c’est quand tous les prix se mettent à monter. Comme la mer qui monte quand la marée est haute ? Comme la pluie qui s’abat quand l’orage éclate ?

            Si on ne comprend à peu près rien lorsqu’on entend les économistes, c’est que ceux qu’on entend sont ceux qui défendent le système, et à qui le système donne la parole. Leur intérêt est de nous cacher l’essentiel : le fait que le système, l’économie capitaliste, fabrique et reproduit de l’inégalité... 

            L’inflation ! Avec un mot comme ça, on n’imagine même pas qu’on puisse chercher à comprendre ce qui se passe. L’inflation, c’est quand tous les prix se mettent à monter. Comme la mer qui monte quand la marée est haute ? Comme la pluie qui s’abat quand l’orage éclate ?

            Si on ne comprend à peu près rien lorsqu’on entend les économistes, c’est que ceux qu’on entend sont ceux qui défendent le système, et à qui le système donne la parole. Leur intérêt est de nous cacher l’essentiel : le fait que le système, l’économie capitaliste, fabrique et reproduit de l’inégalité.

            Il y a l’inégalité que nous connaissons, la plus importante : il y a d’un côté ceux qui sont les propriétaires d’une partie du système, qui possèdent des entreprises, des immeubles, et peuvent faire travailler, ou loger, les autres. Et donc les autres, qui ne possèdent rien de tel, et sont obligés de se salarier pour vivre. Cette première inégalité est à la base du système. Elle fabrique toutes les autres.

            Entre les salariés d’abord : ceux qui ont de bonnes qualifications, ou qui travaillent à des endroits importants pour l’économie, ou qui ont des syndicats qui comptent, ceux-là sont plutôt mieux payés. Tous les autres doivent vivre au jour le jour, ou même survivre, comme les femmes seules. Et le système pousse les petits, qui font le travail difficile ou abrutissant, à bosser plus, plus vite que le voisin. Comment ? grâce aux salaires très bas, et avec la menace du chômage.

            Mais il y a aussi des inégalités entre ceux qui possèdent le système, les propriétaires des entreprises, patrons, actionnaires. Rien à voir entre les très gros, comme Total ou Carrefour, et le plombier ou le coiffeur du coin. Les puissants profitent des plus petits, et leur imposent de travailler plus dur.

            Et il y a enfin les plus puissants des puissants. Ceux-là sont devenus des monstres. Les neuf dixièmes des marchandises du monde sont transportées par trois sociétés qui possèdent les porte-conteneurs. Le français CMA-CGM est le troisième armateur mondial, il possède 583 navires. En 6 mois, il a fait près de 15 milliards d’euros de bénéfices. Son plus gros actionnaire, la famille Saadé, possède les trois quarts du capital, c’est la 5ème fortune de France.

            Quand ils ne sont plus que quelques-uns, dans le transport, le pétrole, les téléphones mobiles, il leur est facile de s’entendre, pour fixer les prix qui les arrangent. En 3 ans, CMA-CGM, lui, les a triplés.

            Quelques personnes peuvent ainsi faire monter les prix, quand elles veulent, dans le monde entier.

            La guerre en Ukraine, elle aussi, ne tombe pas du ciel. Elle est due à des décisions de gens en chair et en os : d’un côté, des chefs du monde occidental ont multiplié les armements en face de la Russie ; de l’autre, le régime de dictature russe n’a pas accepté que l’Ukraine se rapproche de l’Europe. Les chefs de l’Europe ont décidé de couper les vivres à la Russie ; la Russie a répondu en coupant son gaz à l’Europe. Tous ces produits ont donc vu les prix monter.

            Même la crise du climat est due aux grands chefs du monde capitaliste. On nous dit que le réchauffement climatique est dû à l’action de l’homme. Oui, mais pas n’importe quel homme. Qui n’a pas hésité, pendant deux siècles, à profiter de la nature sans compter, à la salir, à la détruire, pour gagner du pognon au plus vite. Qui a laissé le sol et le sous-sol dans un état dégueulasse, une fois les usines fermées ? Ce ne sont pas les travailleurs. Ils ont plutôt souffert de l’amiante dans les usines, du charbon dans les mines, des pesticides dans les champs.

            Et puis il y a les spéculateurs. Les sociétés d’assurances et autres qui nous rackettent ne se contentent pas de regarder leur fortune. Ils payent des hommes, les traders, pour placer cet argent. S’ils pensent que le blé, par exemple, va voir son prix monter, ils en achètent par millions de tonnes, et ils le revendent quand le prix a vraiment monté. Ils s’enrichissent sans bouger de leur écran d’ordinateur. Ces parasites aussi font monter les prix.

            Quelques fois, c’est vrai, il y a des raisons naturelles, une sécheresse, trop de pluie, qui font monter les prix. Mais bien trop souvent, il y a des humains en chair et en os, qui ont ce pouvoir. Ils ne devraient pas l’avoir.     

            Chercher à s’enrichir personnellement, égoïstement, au mépris de la nature, au mépris des autres humains, voilà la règle du jeu de ce système capitaliste. C’est elle qui nous amène à cette ambiance qui fait peur, où une crise s’ajoute à une autre, sans qu’on ne voie le bout du tunnel pour aucune.

© L'Ouvrier 2022
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