365- Ukraine : contre les dominations, pour la fraternité des peuples

… Nous ne soutenons pas l’Ukraine, mais nous soutenons les Ukrainiens, nous soutenons la population. Et ce n’est pas la même chose. L’Ukraine est un pays de plus de 40 millions d’habitants. Si chacun voit clairement que, sous l’uniforme du soldat russe, il y a un citoyen aussi, un homme du peuple, qui a ses problèmes, ses soucis, si chacun trouve les mots pour le dire, il est tout à fait possible au moins de neutraliser une partie de cette armée, si puissante soit-elle…

             L’Ukraine est en train de se donner un héros, le président Zelensky. Mais ce président ne voit de solution contre la Russie que par la guerre. Il interdit aux hommes de quitter le pays pour les obliger à combattre ; il demande des armes à l’Occident.

            Pourtant, on nous dit et on nous répète qu’Ukrainiens et Russes sont des peuples frères. Ils ont vécu ensemble pendant toute l’existence de l’URSS, pendant 70 ans. Ils ont une longue histoire commune. Tous les Ukrainiens comprennent la langue russe.  Alors, il doit être possible de s’adresser aux soldats que Poutine a envoyés, il doit être possible de leur parler, de leur démontrer que ce que leur dit leur dirigeant est un mensonge. Il doit être possible de leur enlever l’envie de combattre vraiment.

            Eh bien, dans certains endroits du pays, des images nous ont montré que cela se fait. A Berdyans’k, à Melitopol, à Konotop, une assez grosse manifestation s’est formée dans la ville ; les habitants se sont réunis et sont allés devant une colonne de véhicules militaires russes, avec des slogans contre la guerre, et ont demandé aux Russes de repartir. D’après ce que les images montrent, les Russes ne leur ont pas tiré dessus.

            Nous ne soutenons pas l’Ukraine, mais nous soutenons les Ukrainiens, nous soutenons la population. Et ce n’est pas la même chose. L’Ukraine est un pays de plus de 40 millions d’habitants. Si chacun voit clairement que, sous l’uniforme du soldat russe, il y a un citoyen aussi, un homme du peuple, qui a ses problèmes, ses soucis, si chacun trouve les mots pour le dire, il est tout à fait possible au moins de neutraliser une partie de cette armée, si puissante soit-elle.

            L’histoire, celle des peuples, peut nous servir. En 1919, au lendemain de la révolution russe, les pays occidentaux ont envoyé des armées pour écraser le jeune pouvoir et la jeune URSS, car elle voulait créer une société sans le capitalisme. La France avait envoyé ses bateaux de guerre dans la Mer Noire, en Ukraine justement. Mais à leur arrivée la population s’est adressée aux soldats français, leur a expliqué qu’ils voulaient changer le monde, qu’ils voulaient supprimer l’exploitation ; que la France les avait envoyés pour défendre les intérêts des capitalistes et de leur système ; et que les intérêts des peuples français et russes étaient les mêmes, en finir avec le capitalisme.

            Les marins se réunissent, discutent, élisent leurs délégués sur le cuirassé France, sur le croiseur Waldeck-Rousseau, le croiseur Voltaire, le cuirassé Provence, le Condorcet, le Guichen, le Touareg. En quelques semaines, c’est toute la flotte française qui se révolte. Elle refuse de combattre la révolution et la population. Il a fallu rapatrier cette flotte, il a même fallu l’envoyer d’abord dans les colonies, de peur que les marins n’apportent des idées révolutionnaires à Marseille ou à Toulon, à Brest et à Cherbourg.

            Voilà ce que des populations peuvent faire. Avec l’arme de la parole et des idées, avec des tracts et des militants. Mais pour chercher ainsi à fraterniser, il ne faut pas voir l’autre seulement comme un ennemi. Il faut avoir les idées claires. Il ne faut pas se laisser entrainer par le nationalisme. Il faut faire passer l’intérêt commun des peuples avant la gloire de son propre pays.

            Mais ce n’est pas ce que fait ce Zelensky qu’admirent nos dirigeants. Avant d’envoyer des coktails Molotov contre les chars, il faudrait d’abord discuter, parler, donner des écrits. On ne nous parle pas assez des tentatives de la population dans ce sens.

            Les gestes de solidarité des Polonais, des Moldaves, des Roumains ou même des Français, qui accueillent du mieux qu’ils peuvent les Ukrainiens qui fuient la guerre, font chaud au cœur. Cela nous rappelle une chose essentielle : tous les peuples ont en commun de vouloir absolument la paix. La guerre leur est imposée. Par des puissants qui sont tous en concurrence pour dominer les populations.

© L'Ouvrier 2022
ON PEUT PHOTOCOPIER, FAIRE CONNAITRE, DIFFUSER L’OUVRIER
(boîtes à lettres, marchés, affichages dans les cités...)