Dans cet ouvrage, "Plus rien à perdre", Tom Thomas part d'une analyse, faite dans un ouvrage précédent, comme quoi le capitalisme en est à son stade sénile : le capitalisme a de plus en plus de mal à valoriser son capital. Pour en tirer le même profit, il lui faut investir un capital fixe de plus en plus énorme. Or, ce n'est pas le capital fixe qui produit de la plus-value, c'est le travail humain sur cette machinerie.
Et il en arrive donc à caractériser la période actuelle comme une nouvelle période historique, y compris pour les révolutionnaires. Pour lui, les révolutions russe et chinoise (il reste maoïste) ont échoué parce que les forces productives étaient à l'époque insuffisantes ; il fallait que la population se tue à la tâche, même au lendemain de la révolution. Elle n'avait pas du tout de temps libre, ce qui est nécessaire pour apprendre à se mettre à remplacer tous les dirigeants, dans les entreprises et dans la société, et édifier un communisme.
Mais aujourd'hui, les forces productives, celles qui permettent un abaissement considérable du temps de travail, ces forces sont là.
Par contre, les populations, dans le cas des pays riches, en restent encore avec le souvenir des Trente glorieuses, des luttes réformistes possibles et gagnantes. C'est une erreur : les capitalistes, qui avaient pu octroyer, un temps, des conditions progressivement plus favorables aux mondes du travail, ne le peuvent plus. Face à leurs difficultés de rendre productifs leurs investissements, leurs capitaux, ils changent leur comportement, et réintroduisent les méthodes du début du capitalisme : intensification du travail, allongement de la durée du travail, aggravation des conditions de travail. Les luttes réformistes, selon Thomas, sont donc condamnées.
Nous aurions deux réserves, assez secondaires, sur ce texte : la référence à la Révolution culturelle, que nous ne mettons pas égalité avec la Révolution russe. Et dans sa conclusion, il reprend sans en discuter l'idée de la nécessité d'une prise du pouvoir. Par qui ? grosse question.