362- Races et cultures : diviser pour régner

Depuis au moins 60 000 ans, les humains n’ont jamais cessé de migrer, aux quatre coins du globe. Et ils n’ont jamais arrêté de se croiser, de se mêler entre différents groupes, de s’aimer et de faire des enfants. Et ils faisaient tout cela à pied ! Il serait quand même bizarre qu’à notre époque, avec des moyens de transport formidables, des moyens de communiquer pour tout le monde, les échanges et les croisements s’arrêtent… Mais c’est le programme des politiciens qui nous disent que l’ennemi, c’est l’immigré, qu’il ne faut pas nous mélanger…

             Les humains, depuis des centaines de milliers d’années, ont toujours vécu en société : ils forment des groupes qui vivent ensemble, ils se donnent des règles, des habitudes, une langue, une culture. Et puis, le jour où un groupe en découvre un autre, avec d’autres habitudes, il y a un malaise. Une peur de l’inconnu est une première réaction normale.

            Aujourd’hui, cette crainte des autres, de nombreux politiciens essaient de la faire revivre, pour ensuite l’utiliser pour se faire élire. Et ils nous disent que si nous n’allons pas bien, c’est de la faute des autres. Certains en deviennent obsédés. Comme celui qui a dit à une journaliste à la peau noire : « J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ».

            C’est un mensonge. Lui a la peau blanche, et elle la peau noire. On peut parler de peau, mais pas de race.

            On en a la preuve en regardant l’ADN. Si l’on prend un groupe de Noirs et un groupe de Blancs, on va trouver une petite différence (15%). Mais si on regarde cette fois les différences entre les Noirs eux-mêmes, on en trouve beaucoup plus (85%). Pareil pour le groupe des Blancs. Il y a plus de différences à l’intérieur de chaque groupe qu’entre les deux. Les races n’existent que dans la tête des racistes.

            Nous sommes tous des Sapiens. Notre histoire est celle d’un grand mélange. Elle commence quand des Sapiens ont quitté l’Afrique, il y a 70 000 ans. Ils sont arrivés en Europe il y a 40 000 ans. Là, il y avait des Néandertal, qui descendaient d’Homo Erectus partis d’Afrique bien avant. Ils se sont croisés, ont mélangé leurs gènes, leur ADN. En Asie, des Sapiens ont croisé des Denisoviens ; certains ont rejoint l’Europe il y a 20 000 ans. D’autres encore, des agriculteurs, sont arrivés du Moyen-Orient, il y a 7000 ans. Puis des éleveurs. Toutes ces migrations ont voulu dire des mélanges de populations et des gènes, des ADN qui se sont échangés.

            Quand des Européens sont allés coloniser l’Afrique, l’Asie, il y a eu de nouveaux mélanges. Aucune personne au monde n’a des gènes inchangés depuis longtemps.

            En Afrique, notre peau était foncée, ce qui la protège du cancer. Une mutation, un changement dans l’ADN, a rendu la peau plus claire en Europe, il y a à peine 4000 ans. La peau claire aide notre corps à produire de la vitamine D, qui fixe le calcium des os et des dents, et qui aide les enfants à grandir, là où les rayons UV du soleil sont faibles.

            Depuis au moins 60 000 ans, les humains n’ont jamais cessé de migrer, aux quatre coins du globe. Et ils n’ont jamais arrêté de se croiser, de se mêler entre différents groupes, de s’aimer et de faire des enfants. Et ils faisaient tout cela à pied ! Il serait quand même bizarre qu’à notre époque, avec des moyens de transport formidables, des moyens de communiquer pour tout le monde, les échanges et les croisements s’arrêtent… Mais c’est le programme des politiciens qui nous disent que l’ennemi, c’est l’immigré, qu’il ne faut pas nous mélanger.

            Ce sont les mélanges et les mutations qui font que l’espèce humaine fabrique des personnes chaque fois différentes, nouvelles. Et c’est grâce à certaines de ces différences, que des humains ont pu résister aux microbes, s’adapter à de nouvelles régions, ou aux changements du climat.

            Ils sont nombreux les politiciens qui nous montrent du doigt l’immigré comme étant le responsable de tout ce qui ne va pas. C’est qu’ils ne veulent pas que l’on voie une évidence : le système va mal parce qu’il est mal fait. Il profite surtout à des minorités haut placées, et leur donne le pouvoir de décider seules de tout.

            L’avenir, lui, est dans une société sans ces inégalités de plus en plus folles, où les humains pourront sans crainte se rencontrer librement, aimer l’autre et vivre ensemble quand on le veut.

© L'Ouvrier 2022
ON PEUT PHOTOCOPIER, FAIRE CONNAITRE, DIFFUSER L’OUVRIER
(boîtes à lettres, marchés, affichages dans les cités...)