338- Coronavirus : va-t-il rendre les riches encore plus riches !

L’Etat n’avait pas un sou à donner aux personnels des hôpitaux, en lutte depuis des mois : comment a-t-il pu trouver ces 110 milliards annoncés en quelques jours !

La réponse va nous paraître étrange, mais si on s’y intéresse, on va découvrir un monde que la population ne connaît pas, mais qui pourtant joue un rôle énorme sur notre niveau de vie, sur notre manière de vivre…

              Des masques qui nous sont vendus dix fois leur prix d’avant l’épidémie, des aliments aussi dont les prix montent dans les supermarchés. On le sent bien, pendant que la plupart craignent la maladie, certains en profitent largement, dans la grande distribution, ou dans l’industrie des médicaments. Mais il y en a d’autres encore qui se frottent les mains et qu’on ne voit pas du tout.

            On est vite passés là-dessus, mais dès le début de l’épidémie, l’Etat a décidé de débloquer des milliards, des dizaines de milliards, pour aider à payer le chômage partiel, ou pour aider les patrons de certaines industries. Bizarre, non ? L’Etat n’avait pas un sou à donner aux personnels des hôpitaux, en lutte depuis des mois : comment a-t-il pu trouver ces 110 milliards annoncés en quelques jours !

            La réponse va nous paraître étrange, mais si on s’y intéresse, on va découvrir un monde que la population ne connaît pas, mais qui pourtant joue un rôle énorme sur notre niveau de vie, sur notre manière de vivre.

            Les 110 milliards, l’Etat ne les a pas. Il les emprunte, tout simplement.  Mais à qui ? A une population que nous ne voyons pas, qui sait se faire discrète, très discrète : des gens qui, en plus des revenus qu’ils peuvent gagner chaque mois, possèdent une richesse, un patrimoine de plus d’un million et demi d’euros, chacun. On se dit qu’ils ne doivent pas être nombreux, avec une telle richesse. Eh bien, détrompez-vous, en France, cela concerne 500 000 familles.

            Si seulement chacune d’entre elles prête à l’Etat un dixième de son patrimoine, l’Etat est déjà sûr d’avoir trouvé 75 milliards. Le reste, il l’obtiendra facilement auprès des grosses sociétés capitalistes, fonds, assurances, banques, etc.

            Pourquoi ces capitalistes, ou leurs entreprises, vont-ils prêter à l’Etat ? Parce qu’ils sont tout le temps en train de chercher à mettre leur richesse là où elle rapporte le plus. Et prêter à l’Etat, c’est une affaire plus sûre que d’autres en temps de crise. Ils sont sûr d’être remboursés, et sûrs d’y gagner des intérêts. Moins qu’en bourse, mais en bourse, on peut y perdre.

            Dans une société vraiment humaine, on utiliserait toutes ces richesses pour investir dans tous les besoins qui manquent encore, en France et dans le monde. Il manque par exemple des logements, ou des transports en commun. Mais ceux qui sont les propriétaires des capitaux n’ont pas envie de mettre leur argent à ça.

            C’est que la situation actuelle, avec toutes les inégalités, leur va très bien. Le fait qu’il y ait peu de logements, cela les rend plus chers. Leurs propriétaires voient leur logement prendre de la valeur année après année, et ils peuvent augmenter le loyer qu’ils font payer à leurs locataires.

            Et il y a une autre raison : c’est que si on se met à produire plus de logements, ou de médicaments, etc., il n’est pas sûr que ce soit acheté : il faudrait que la population ait plus de moyens pour acheter. Il faudrait augmenter les salaires.

            Mais augmenter les salaires, et en même temps dépenser pour qu’il y ait plus de machines, plus d’usines pouvant produire, c’est risqué, et c’est coûteux. Alors qu’ils n’ont pas besoin de tout cela pour, déjà, vivre très au-dessus des autres, et voir leur richesse augmenter.

            Les emprunts dus au coronavirus vont donc enrichir les plus riches. Mais ils risquent d’en rendre d’autres plus pauvres. Parce que l’Etat, pour rembourser tous ces emprunts, ne sait faire qu’une chose : se tourner vers la population, et la faire payer par des impôts. Pour qu’on le sente moins, il s’est arrangé pour que l’impôt le plus lourd soit la TVA, que l’on paye chaque fois qu’on achète quelque chose.            

            Les choses sont donc claires : une fois l’épidémie calmée, on nous parlera de dette à rembourser. Soit on laisse alors les riches s’enrichir, sur notre dos, en acceptant des impôts, ouverts ou déguisés en hausse des prix. Soit on dénonce clairement le pouvoir des riches, et leur richesse qui leur donne du pouvoir.

© L'Ouvrier 2020
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