327- Fin du monde ? la révolution qui est nécessaire

Impossible d'y échapper : que ce soit à travers les informations, les films, les livres, les discussions, partout on nous dit que nous vivons un moment nouveau dans l'histoire humaine : nous courons à la fin du monde. Ce n'est pas vrai...

            Impossible d'y échapper : que ce soit à travers les informations, les films, les livres, les discussions, partout on nous dit que nous vivons un moment nouveau dans l'histoire humaine : nous courons à la fin du monde.

            Ce n'est pas vrai. Déjà, l'idée de fin du monde est une vieille idée dans plusieurs religions. Des moments où les gens ont vraiment cru à la fin du monde sont nombreux : en l'an mille, en 1347 avec la Grande peste, avec la Guerre de Cent ans, jusque 1453.

            Ce qui est vrai, c'est que la planète est saccagée par beaucoup de grosses entreprises. Comme Total qui n'arrête pas de fouiller partout pour trouver tout le pétrole et le gaz possible. Ça lui rapporte plus que de fermer ses usines et en inventer de nouvelles, avec d'autres manières de produire l'énergie. Car si elle commençait à le faire, elle risquerait de perdre sa place parmi les premiers dans le monde. Et les autres pétroliers, ses concurrents, ont la même logique. Chacun veut garder sa place, ou en gagner une plus forte encore. Et ils vont donc, oui, continuer à nous inonder de pétrole et de gaz. Même si on leur dit que ça pollue, que ça réchauffe le climat.

            On nous demande de faire le tri sélectif à la maison, de remplacer les gobelets en plastique, d'éviter de prendre l'avion - pour ceux qui en ont déjà les moyens. Mais tout ceci ne changera quasiment rien, tant que les grandes industries continueront à mener le monde, en salissant la planète, tout en peignant en vert leurs publicités.

            Pour que Total, Esso, BP et les autres monstres capitalistes de la planète se comportent autrement, il faut une véritable révolution : il faut que la concurrence entre eux soit supprimée et qu'on la remplace par une entente ; et il faut pour cela que ces entreprises cessent de vouloir apporter des fortunes à leurs actionnaires. Actuellement, les 1200 plus grosses entreprises du monde leur versent 150 milliards d'euros par mois de dividendes, sans qu'ils fassent le moindre travail. Ces riches, même s'ils craignent eux aussi la fin du monde, n'ont pas envie que ça s'arrête.

            Ils sont là, les vrais responsables, eux et le fonctionnement débile de leur monde. Leur demander de changer est naïf, ou hypocrite.

            On ne pourra changer les choses ni rapidement, ni largement, tant que l'on ne touchera pas à ces gros propriétaires, devenus surpuissants à force d'exploiter le travail humain, en exploitant d'autres pays aussi. Que des usines immenses, des bureaux par milliers, qui servent à produire ce dont nous avons besoin pour vivre, nous qui sommes des millions, que cela puisse appartenir à quelques personnes, c'est en fait un scandale incroyable.

            On nous y a habitués, mais c'est la cause profonde de ce qui va mal. Leur concurrence est une guerre économique qui fait de nous tous des petits soldats : les uns s'en sortent, mais combien sont victimes (licenciement, chômage, misère, etc).

            Certains parlent d'améliorer le système capitaliste. Ils veulent mettre une petite taxe ici, une autre là. Mais cela revient à donner encore du temps aux grandes entreprises. Et elles continueront de faire passer leur soif de profits avant toute idée morale ou simplement humaine. On parle aussi beaucoup des voitures électriques comme d'une solution. Comme si les montagnes de batteries qu'elle vont nécessiter ne seront pas une nouvelle plaie. Là aussi, il faudrait une révolution, qui donne une vraie place aux transports en commun.

            Ce sont ceux qui tiennent au système, tel qu'il est actuellement, qui répandent l'idée qu'il n'y a pas de solution, même si tout va mal. Avec cette idée, ils aimeraient que nous devenions complètement fatalistes, que nous acceptions sans broncher les conséquences de ce qu'ils font.

            C'est le fonctionnement même du système capitaliste qui bloque les changements nécessaires. C'est cela qu'il faut dire, et cesser de tourner autour du pot, car ce pot est pourri.

© L'Ouvrier 2019
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