323- Écologie : pourquoi rien n'est fait, alors que ça urge

... Si quelque chose bloque le respect de l’ensemble de la vie sur Terre, comme celui des ressources naturelles, c’est le profit privé, la règle la plus importante du système capitaliste. C’est depuis les débuts du capitalisme, il y a 200 ans, que les requins milliardaires pillent et exploitent la nature pour ses ressources en même temps que les humains pour leur travail...

Le climat serait en train de devenir une vraie bombe atomique, un nombre terrible d’espèces menacées de disparaître, l’eau qui viendrait à manquer, l’air irrespirable... Tout le monde dénonce tout cela, et pourtant, rien ou pratiquement rien ne semble être fait.

Un premier candidat écologiste, René Dumont, s’était présenté aux élections présidentielles en France en 1974. Depuis cette époque, il y a eu 31 ministres de l’écologie ou de la protection de la nature, de l’environnement, de la qualité de vie, du développement durable. Bouchardeau ou Lalonde, Royal ou Lepage, Voynet ou Cochet, Borloo ou Hulot, le bilan c’est zéro.

Si 45 années d’action au plus haut niveau n’ont rien fait du tout, c’est qu’on nous balade sérieusement. Et il faut nous demander pourquoi rien ne change par les élections.

On sait replanter des arbres pour gérer la forêt, on sait produire de l’électricité sans charbon, etc. Quand des entreprises pillent des forêts en se moquant de l’avenir, quand d’autres tiennent à utiliser du charbon, c’est chaque fois pour en tirer plus de bénéfices, plus de profit.

Toutes les entreprises du monde cherchent à faire du profit. C’est leur raison d’être. Plus grave, toutes sont en concurrence, et la première qui voudrait se soucier d’écologie, se verrait battue par les autres, puisque cela lui coûterait plus cher, ferait augmenter ses prix, lui ferait perdre des clients. Il faudrait donc des lois qui les obli-gent tous ensemble à changer de comportement ? C’est ce que nous disent depuis 45 ans tous ceux qui nous parlent d’écologie. On voit le résultat.

On peut en conclure que, soit les grandes entreprises ont plus de pouvoir que les Etats et leurs lois. Ou alors, les lois et les Etats sont faits pour protéger le profit des entreprises avant tout. Ou c’est peut-être les deux choses à la fois.

Si quelque chose bloque le respect de l’en-semble de la vie sur Terre, comme celui des ressources naturelles, c’est le profit privé, la règle la plus importante du système capitaliste. C’est depuis les débuts du capitalisme, il y a 200 ans, que les requins milliardaires pillent et exploitent la nature pour ses ressources en même temps que les humains pour leur travail. Et ces capitalistes sont devenus très puissants, puisque la concurrence a fait que les plus gros n’ont cessé d’avaler, ou de tuer, les plus petits. Et même si certains disent faire un commerce équitable, respecter le travail et les ressources, la plupart continuent de vivre sur la base du profit privé.

C’est cette logique du profit privé, personnel, individuel, le chacun pour soi et contre tous les autres ; c’est la concurrence, la guerre économique permanente entre ces puissants, qui rend notre société malade, débile : il faut travailler plus, alors qu’il y a de moins en moins besoin de travailler, vu le rendement fantastique des machines. Il faut voir d’autres humains comme nos ennemis, au lieu d’aimer vivre en paix.

Le profit privé est une invention des hommes. Les hommes peuvent inventer autre chose. Une vie sans propriété privée pour tout ce qui sert à la collectivité, pourra enfin permettre un vrai respect de l’homme comme de la nature ; une vie sans l’héritage qui accumule la richesse dans les familles capitalistes ; une vie sans cet Etat au service de tous les grands groupes du fric et des affaires. Une vie aussi où l’on pourra partager le travail entre tous, et libérer un vrai temps pour vivre. Une vie où une vraie collaboration entre les peuples, une vraie entraide peut avoir lieu, sans l’intermédiaire louche des Etats ou la main corrompue du profit. Une vie où l’on cesse de vouloir aussi se dire et se croire supérieur, ou plus civilisé que l’autre. Tout cela a un nom, et c’est le communisme, celui des origines, comme il a été pensé avec Karl Marx.

Voilà l’idée que nous proposons. Si l’on décide de la semer, pour soi-même et en l’offrant aux autres, elle sera, on peut l’espérer, plus efficace que les 45 années et les 31 ministres de l’écologie du passé.

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