État et politique

Impossible d'y échapper : que ce soit à travers les informations, les films, les livres, les discussions, partout on nous dit que nous vivons un moment nouveau dans l'histoire humaine : nous courons à la fin du monde. Ce n'est pas vrai...

... L’essentiel, en haut lieu, c’est de préserver les bases les plus profondes de la société. Et la première, c’est la propriété privée. Il y a votre portable, votre bagnole, votre maison, peut-être. Mais il y aussi la propriété d'usines, d'autoroutes, de banques, de grosses entreprises ; et cette propriété-là a ceci de spécial qu'elle sert à tirer du profit sur le dos des autres...

 ... Nous nous révoltons contre la vie chère, la précarité et la misère. Nous voulons, pour nos proches, nos familles et nos enfants, vivre dans la dignité. 26 milliardaires possèdent autant que la moitié de l’humanité, c’est inacceptable. Partageons la richesse et pas la misère ! Finissons-en avec les inégalités sociales ! Nous exigeons... 

...D’autres luttes ont préparé les bases d’une politique au service du peuple. Pendant la Commune de Paris, en 1871, le peuple avait trouvé l’idée qu’il fallait se méfier de quiconque tenait à se faire élire. Qu’il valait mieux désigner nousmêmes qui l’on voulait, pour que les élus viennent vraiment du peuple...

 ... on a choisi de faire autrement. D’abord, on a décidé de discuter des lois les plus importantes en public, en se réunissant pour les voter, et c’était possible même avec 6000 personnes. Chacun peut proposer une nouvelle loi, le vote se fait en levant la main. Chacun peut aussi contester une loi devant l’assemblée....

... Oh, bien sûr, il n’est pas question de nous remettre en place un trône royal à l’Elysée. Mais toute cette belle propagande pour Louis XIV (quatorze) et les autres, cela aide quand même à nous faire accepter l’idée qu’on n’est bien gouvernés que par de grands hommes, puissants et décidés. Et que nous devons donc accepter les autorités qui se trouvent au-dessus de nos têtes, les élites qui nous dirigent. Ce qui convient très bien à nos patrons, ou à nos hommes politiques...

... Une partie des populations a cessé d’aller voter, s’est complètement désintéressée du jeu politique. D’autres ont continué de voter, en espérant plus ou moins que leur vote ferait changer les choses. Mais depuis quelques années, ceux qui votent ont changé leur vote. Ils essayent maintenant de se débarrasser des vieux partis politiques, et ils dégagent les politiciens qui ont été au pouvoir jusqu’ici...

... « Il faut réformer le pays ». On entend ça du soir au matin. « La France est en retard, il est urgent de moderniser. Tel pays fait mieux que nous. Si ça va mal, c’est de la faute des Français, qui n’aiment pas les réformes »...

... Pour la première fois, on osait dire aux travailleurs des usines que ces usines étaient à eux, qu’eux seuls pouvaient et devaient décider ce qu’on y faisait, comment, dans quelles conditions. Pour la première fois, on disait aux paysans qui s’exténuaient au travail qu’ils pouvaient prendre les terres sur lesquelles ils devaient travailler, et les considérer comme les leurs. Pour la première fois encore, un pays donnait le droit de vote aux femmes...

© L'Ouvrier 2019
ON PEUT PHOTOCOPIER, FAIRE CONNAITRE, DIFFUSER L’OUVRIER
(boîtes à lettres, marchés, affichages dans les cités...)