344- Terroristes : quel combat contre les islamistes ?

… Oui, les terroristes islamistes utilisent des méthodes barbares. Et il faut les combattre. Mais on ne peut pas s’en remettre à nos Etats. Depuis le 11 septembre 2001, la répression, les guerres ont finalement multiplié les groupes islamistes à travers le monde…

Des barbares, ces terroristes ! Voilà ce qui est dit à chaque action des islamistes. Bien sûr, ces actes sont absolument inhumains. Mais si l’on veut espérer en finir un jour, il faudrait prendre la peine de comprendre qui ils sont, et ce qui peut ainsi transformer des individus qui pouvaient être auparavant humains.

            Au début des années 1900, les islamistes salafistes du monde musulman n’étaient pas spécialement violents, ni contre le monde occidental. Ils voulaient plutôt reprendre une partie des nouveautés qu’apportaient les échanges avec les Européens. Même l’idée d’une constitution leur semblait intéressante. Ils voyaient donc l’Europe un peu comme un modèle, qui pouvait servir à moderniser l’Empire ottoman.

            Mais cet empire est détruit avec la Première Guerre mondiale. Les vainqueurs se partagent les territoires musulmans ; la France prend la Syrie et le Liban. Les salafistes changent alors leur idée ; ils décident qu’il faut résister, et s’opposer à ce qui est moderne. C’est en Egypte, que les Anglais veulent coloniser, que nait le parti des Frères musulmans, en 1928. Il va gagner des dizaines de pays.

            Les salafistes deviennent encore plus durs quand les Américains se posent en Arabie, terre sainte de l’islam, pour aller faire la guerre à l’Irak en 1990. Ils vont considérer que les gouvernements des pays musulmans sont eux aussi à combattre, qu’ils se laissent manipuler par les Occidentaux. Leur idée est de refaire un empire, le califat, dans le monde musulman ; et ensuite sur toute la planète.

            Ben Laden, avec son organisation Al-Qaïda, a détruit les tours de New York en 2001. Il avait été payé, armé, formé, par les Américains, pour faire la guerre à l’ancienne URSS en Afghanistan. L’Etat islamique a créé un califat de 2014 à 2019 ; il est né d’une autre guerre américaine, en Irak. Pour dominer le monde, l’Europe et les Etats-Unis utilisent la violence. Et les islamistes prétendent répondre en étant plus violents encore.

            Oui, les terroristes islamistes utilisent des méthodes barbares. Et il faut les combattre. Mais on ne peut pas s’en remettre à nos Etats. Depuis le 11 septembre 2001, la répression, les guerres ont finalement multiplié les groupes islamistes à travers le monde.

            Au Mali, au Sahel, la France mène la guerre depuis 2013, et les groupes islamistes deviennent aussi de plus en plus nombreux, et gagnent de nouveaux pays. Il leur suffit de dénoncer cette présence étrangère uniquement militaire : des avions de guerre impressionnants, des milliards gâchés, alors que la population manque de tout. Cette guerre contre l’islamisme ne peut pas gagner.

            Il y a une autre lutte à mener contre l’islamisme, c’est la lutte qui vise la mère de toutes les injustices : le système capitaliste. C’est lui qui engraisse toujours plus les riches, partout. C’est lui qui continue de dominer les pays pauvres et les exploite. Et ce sont ses injustices qui favorisent le mépris d’une religion dès qu’elle est en minorité.

            Aux 20 millions de musulmans qui vivent en Europe, on peut dire que les chefs de la chrétienté, il n’y a pas si longtemps, avaient leur empire, en Europe. L’Eglise contrôlait toute la vie des gens, de la naissance à la mort en passant par les confessions privées. La religion au pouvoir, il était très difficile de critiquer, de lutter contre les injustices : la réponse était la même que celle des islamistes, c’est la loi de Dieu, et la barbarie allait avec.

            C’est une grande lutte contre les injustices, la Révolution française de 1789, qui a changé les choses. Les chefs de la chrétienté ont perdu le pouvoir. Aujourd’hui, cela n’empêche pas les croyants chrétiens de vivre leur religion correctement. On peut donc très bien avoir une religion respectée, sans qu’elle soit au pouvoir. 

            Grâce à cette révolution, l’Europe bénéficie d’une liberté de dire et de penser. Défendre seulement la liberté sans parler des injustices nous fera paraître comme des privilégiés. Utilisons la liberté pour dénoncer les gouvernements qui ne savent que faire la guerre, qui n’aident pas les peuples des pays dominés, qui les abandonnent aux mains de crapules avides de pouvoir. Remettons en avant l’idée que le combat pour la justice sociale et celui pour la liberté vont ensemble, et qu’ils doivent se poursuivre et nous relier, aux quatre coins du monde.

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