328- Climat social : un réchauffement bienvenu

Ceux qui sont chargés de nous informer passent un temps fou à nous parler de la pluie et du beau temps. Il y a pourtant une météo différente dont ils nous parlent très peu. De grands mouvements secouent le climat social. Aux quatre coins du monde, des populations se soulèvent, se révoltent, occupent les rues et y reviennent, semaine après semaine, mois après mois...

            Ceux qui sont chargés de nous informer passent un temps fou à nous parler de la pluie et du beau temps. Il y a pourtant une météo différente dont ils nous parlent très peu. De grands mouvements secouent le climat social. Aux quatre coins du monde, des populations se soulèvent, se révoltent, occupent les rues et y reviennent, semaine après semaine, mois après mois.

            En Algérie, c'est tous les vendredis depuis février 2019, dans de nombreuses villes, les manifestantes et les manifestants tiennent tête à l'armée qui mène le pays. Au Soudan, la population a mis le dictateur dehors, avec la participation importante, là aussi, des femmes.

            Au Moyen-Orient, le Liban, petit pays de 6 millions d'habitants, voit depuis le 17 octobre des centaines de milliers de personnes occuper les places, dans toutes les villes. On veut, là encore, le départ des hommes et des partis installés au pouvoir, qu'ils soient chiites, sunnites, chrétiens. En Irak aussi, on abandonne les divisions religieuses, et on affronte ensemble la répression, souvent très dure. Partout, on refuse la corruption du pouvoir, qui cherche d'abord à s'enrichir, en se moquant de la population.

            Au Chili, en Amérique du Sud, la hausse du ticket de métro a été la goutte qui a fait déborder le vase. Un vase trop plein de riches de plus en plus riches, pendant que les plus démunis restent à l'abandon : les 1% les plus riches possèdent 30% de toute la richesse du pays.

            Tous ces pays ont une différence avec la France : les inégalités y sont souvent pires que ce que nous pouvons connaître en Europe. Et le mépris des classes riches est plus difficile à cacher. Au Chili, le ministre du travail a sorti : "Si le prix du métro à l'heure de pointe augmente, levez-vous plus tôt". Et pendant que les prix se sont mis à flamber, un autre ministre, celui de l'économie, a dit : "Le prix des fleurs a baissé, vous pouvez donc en acheter".

            En France, le mouvement des Gilets Jaunes a montré que l'injustice sociale, les inégalités, commencent à devenir insupportables à des parties entières de la population. Partout, pays pauvre ou pays riche, il faut lutter pour garder un minimum de services publics, il faut lutter pour avoir de quoi vivre dignement. Pays riche ou pays pauvre, tous les grands partis qui se sont succédé au pouvoir sont rejetés.

            Le problème, c'est que les populations, en France et ailleurs, croient encore qu'il est possible d'obtenir du système capitaliste qu'il améliore leur sort. Le capitalisme, c'est ce système en place depuis deux cents ans, qui permet qu'un ou des individus possèdent, comme si c'étaient leurs chaussettes, les entreprises qui produisent ce dont nous avons besoin : alimentation, moyens de transports, logements. Ces entreprises sont toutes en guerre les unes avec les autres, et cette guerre traverse les frontières, touche des centaines de millions de travailleurs, crée de la misère et du chômage.

            C'est tout ce système qu'il faudra finir par remettre en cause. Ceux qui tiennent le système en main vont nous accuser de faire du communisme. Eh bien oui, on peut reprendre dans ce qui a été fait au nom du communisme la part qui est bonne, une économie au service de la collectivité, tout en rejetant celle qui a été mauvaise, l'absence de liberté.

            On peut préserver la liberté, la démocratie, et même l'améliorer, car elle a de sacrées limites actuellement, du fait des inégalités, qui donnent plus de liberté aux plus riches. Et on peut, en même temps, supprimer la propriété privée des grandes entreprises, et la rendre à la collectivité.        Alors, au lieu de nous mettre tous en guerre et en concurrence, il sera possible de partager tout le travail existant entre tous ceux qui veulent travailler. Le travail pourra enfin commencer à devenir moins pénible. Et l'on aura du temps pour faire vivre une nouvelle démocratie.

© L'Ouvrier 2019
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