325- Grande bourgeoisie : petit voyage dans leur monde

... Ce président a été au fond choisi, aidé, monté, et enfin financé, par tout un monde que nous ne pouvons même pas côtoyer. Un monde de puissants, en politique, en finances, en informations... Chacun d’eux a plusieurs postes à différents endroits, de nombreux liens avec d’autres comme lui, dans tous les domaines...

Au départ, Emmanuel Macron est né dans un milieu aisé, mais pas vraiment dans la haute bourgeoisie française. Son père est professeur de neurologie et sa mère est médecin, à Amiens. Il étudie dans un lycée dirigé par les Jésuites, une congrégation catholique. Celle qui deviendra sa femme y est professeure de français. Elle aussi vient de la petite-bourgeoisie aisée, ses parents tiennent une chocolaterie.

Le couple s’installe dans Paris. Emmanuel devient inspecteur des finances, haut fonction-naire donc. Grâce à quoi, il se fait bientôt embaucher à la banque Rothschild.

À Paris, Brigitte enseigne au lycée catholique Saint Louis de Gonzague, dans le très bourgeois 16ème arrondissement. Elle n’a pas n’importe quels élèves. Il y a, entre autres, les trois enfants de Bernard Arnault, celui qui a sorti de sa poche 200 millions d’euros le jour où Notre Dame a brûlé, un numéro un du capitalisme en France.

Brigitte organise une rencontre entre Emmanuel Macron et Bernard Arnault. Ça tombe bien, Arnault est un ami de son patron. Enthousiasmé par ce jeune loup, Bernard Arnault fait ce qui se fait dans son monde : faire profiter de ses connaissances. Ils appellent cela, un carnet d’adresses. Macron est présenté à Thierry Breton, ancien ministre de l’économie (de droite), devenu PDG d’Atos, un groupe informatique mondial de 120 000 personnes... Il y aura aussi Donnedieu de Vabres : ancien ministre de la culture (de droite), il dirige la maison Dior, liée au groupe LVMH que possède Bernard Arnault. Donnedieu, Macron avait travaillé chez Rothschild avec lui, pour financer un palace de 553 pièces, place de la Concorde...

De son côté, Brigitte Macron est devenue amie avec Delphine Arnault, fille de Bernard. Elle est patronne de Louis Vuitton (le LV de LVMH). Et elle est mariée avec Xavier Niel, le milliardaire patron de Free (l’internet). Il possède aussi une part du journal Le Monde, la classe des journaux en France. Brigitte devient aussi amie de la nou-velle femme de Bernard Arnault, Hélène Mercier-Arnault. Elle, fait dans la charité envers les pauvres : elle a monté un institut des métiers d’excellence à Clichy-sous-bois, la zone, quoi !

Dans Paris, les Macron fréquentent Serge Weinberg, qui avait aidé Emmanuel à entrer chez Rothschild. Il est le patron de Sanofi (3ème groupe mondial dans l’industrie du médicament et de la santé). Et il a collaboré avec Laurent Fabius (Premier ministre de gauche en 1984/86).

Le couple se repose de toute cette activité au Touquet, une ancienne villégiature bourgeoise. Brigitte sympathise avec une voisine, Anne Méaux, directrice d’une agence de communication, qui a fait la campagne électorale de François Fillon (Premier ministre, de droite). Inutile de dire que tous ces gens (et bien d’autres) deviendront des relations d’Emmanuel Macron, carnet d’adresses oblige. Brigitte connaît aussi Jacques Attali, qui a été conseiller de François Mitterrand (président, qui se disait de gauche). Elle lui aurait demandé de présenter Emmanuel à François Hollande.

Au cœur du gouvernement comme ministre de l’Économie, Macron repère vite toutes les rancœurs des politiciens qui en veulent à Hollande, qui ne réussit pas, et les emmène à l’échec avec lui. Il va tous les chercher, les flatter, leur promettre. Et tous le suivent.

La suite ne nous intéresse pas ici. Ce que nous voulons retenir, c’est que ce président a été au fond choisi, aidé, monté, et enfin financé, par tout un monde que nous ne pouvons même pas côtoyer. Un monde de puissants, en politique, en finances, en informations... Chacun d’eux a plusieurs postes à différents endroits, de nombreux liens avec d’autres comme lui, dans tous les domaines. Cette bourgeoisie est forte parce qu’elle est organisée, reliée, soudée, même s’il y a des concurrences. Et c’est elle qui veut nous mettre en tête, à nous, de ne pas nous réunir, de rester seuls, isolés, c’est-à-dire faibles.

© L'Ouvrier 2019
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